Les mauvais sentiments.

«Dans ce monde d’aujourd’hui, on ne peut dissocier le sentiment et la politique», disait De Gaulle.

Pour étayer ses chiffres sur l’insécurité devant l’Assemblée dite Nationale, notre premier ministre fraîchement réinséré s’est basé sur un indice de fiabilité statistique de plus en plus usité de nos jours. L’indice du sentiment. Le sentiment d’insécurité dans ce cas précis.

Mais hormis ce sentiment non simulé qui sévit de plus en plus dans l’esprit velléitaire de nos compatriotes, subsistent également d’autres sentiments, que nos démocraties contemporaines classifient rationnellement en bons sentiments et en mauvais sentiments. En corollaire à cette hiérarchie républicaine, les individus sont ainsi méthodiquement indexés, souvent par le biais des organes de persuasion subsidiés de ladite République exemplaire, en fonction des sentiments qu’ils éprouvent. Il y a donc les bons individus, ceux qui ont les bons sentiments et les mauvais, ceux qui ont, vous l’avez deviné, les mauvais sentiments. Et puis il y a les neutres, ceux qu’on nomme les abouliques.

Par exemple, se considérer Français de souche est éminemment un mauvais sentiment, autant que celui de refuser une immigration subie. Oser défendre son identité, ses traditions, sa culture ou démontrer objectivement que l’idéologie islamique est incompatible avec nos valeurs ou ne fait pas partie intégrante de notre histoire sont de nauséabonds sentiments, respectivement sentiments de xéno et/ou d’islamophobie.

Le sentiment que les lobbys en tous genres et les moultes associations transgenres de défense des minorités visibles, de la « liberté d’expression », des « droits de l’homme », oeuvrent à l’encontre des intérêts de la majorité transparente, de la famille, de l’enfant ou des souchiens translucides est un très, très mauvais sentiment. Par contre, la stigmatisation peut paradoxalement être perçue comme un bon sentiment, pour le stigmatisé, car ce dernier pourra faire convertir souvent assez rapidement, ce sentiment dont il est victime en droit irrécusable en faveur de sa communauté, en lois de la République.

 

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Autre mauvais sentiment, de circonstance, le sentiment de dissidence à l’encontre de l’Europe. Se déclarer eurosceptique, favorable à la sortie de la monnaie ou de la pensée uniques, s’émanciper de l’oligarchie de Bruxelles, aspirer à une souveraineté politique, économique ou idéologique est un funeste sentiment, souvent taxé d’hérétique.

Comme vous le voyez bien, les sentiments qui sévissent dans notre société sont divers et n’ont manifestement pas été énumérés de manière exhaustive. Pour les plus nuisibles d’entre-eux, on trouvera certainement des traitements. Des traitements lourds nous dit-on, mais efficaces sans trop d’effets collatéraux. Je vous laisse imaginer. Entre-temps, vous êtes grâcieusement sollicités à participer aux réunions des Français Anonymes, pour vous épancher librement sur vos sentiments et espérer vous débarasser des plus détestables.

Dans tous les cas, si il y a un sentiment qui fait l’unanimité, difficilement curable celui-là, c’est celui qu’on nous prend de plus en plus pour des ….

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