Avortement : le « pousse-au-crime » d’Amnesty

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Récemment, l’Irlande légalisait, par voie référendaire, l’union de deux personnes du même genre, proposant en conséquence d’amender la Constitution d’un des pays les plus catholiques du monde.

L’effervescence jouissive de la propagande planétaire fut évidemment, et comme à l’accoutumée, à la hauteur de l’événement, à l’instar de toutes les victoires de plus en plus routinières des conquêtes progressistes et des mouvements de libération de la nouvelle espèce humaine, citoyenne du monde.

La grande et vénérable institution médiatique de Her Royal Highness, la BBC, était même de la partie. « L’Irlande catholique est morte et enterrée », jubilaient certains commentateurs y officiant. Morte et enterrée. RIP. Chez nous, en un peu moins grand et beaucoup moins vénérable, Nicolas Sarkozy s’est dit « assez impressionné par le oui irlandais » du référendum sur ledit mariage. Un peu moins impressionné, en tout cas, que le non de ces mêmes Irlandais, et accessoirement celui des Français, lors du référendum sur le traité de Lisbonne dont il fit imposer un second vote pour les premiers et un passage lubrifié et en douce, par voie parlementaire, pour les seconds.

Décidément comme avec le petit Nicolas, tous les épisodes se suivent et ne se ressemblent pas. D’ailleurs, n’était-ce pas sous la marque indisposée UMP que Sarkozy voulait abroger le mariage pour tous, et maintenant, sous la marque déposée Les Républicains, que Nicolas se dit impressionné. À gauche, le changement, c’est maintenant ; à droite, les changements, manifestement, c’est perpétuel. Soit. Passons.

À l’applaudimètre se trouvait également une autre vénérable institution, grand défenseur des droits de l’homme, de la femme, des enfants et des minorités sans défense et persécutées à travers le monde, Amnesty International, qui, pour enfoncer encore plus profond le clou dans le cercueil de cette Irlande morte et enterrée, et toujours soucieuse des droits élémentaires de tout être humain, vient d’exiger diligemment d’y légaliser enfin, après le mariage pour tous, l’avortement pour toutes. Pour Amnesty, le vote du vendredi 22 mai représente « à plusieurs niveaux une étape vers le retrait du huitième amendement de la Constitution, qui donne les mêmes droits à la vie à une mère et à un embryon ».

Amnesty, qui considère qu’interdire le voile intégral est une entrave à la liberté de la femme, milite activement en faveur de l’adoption pour les couples de même sexe, défend le principe selon lequel la PMA doit être accessible à tout le monde, nonobstant l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, et qui se prononce sans ambiguïté contre une prohibition généralisée de la GPA, de rajouter qu’en Irlande, « les droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles sont quotidiennement bafoués à cause d’une Constitution qui les considère comme de simples réceptacles à bébés ». Des réceptacles à bébé, n’est-ce donc pas là la quintessence idéologique de la gestation pour autrui pour laquelle Amnesty milite ouvertement ?

Amnesty, qui défend les droits des enfants dans le monde, qui y dénonce les infanticides, la maltraitance et les génocides, souhaite cautionner somme toute une espèce d’apartheid gestationnel qui déchoit de ses droits fondamentaux, notamment le droit à vivre, un être humain dont la seule circonstance aggravante est celle d’être encore in utero, et accuse haut et fort qu’en Irlande « avorter est toujours un crime ».

Chez nous, les valeurs de la République sont complices de plus de 200.000 avortements par an ; et, avec la suppression du délai de réflexion récemment voté à l’Assemblée nationale et la pénalisation du délit dit « d’entrave », ce nombre ne saurait qu’augmenter ; multiplions-le par cinq et, en une demi-décennie, Amnesty aura peut-être enfin son équivalent-génocide à décrier, ces avortements de masse, armes de destruction massive par infanticide interposé.

Peut-être que sous cet angle précis, cette noble officine persistera à clamer haut et fort qu’« avorter est un crime ». Contre l’humanité.

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/avortement-pousse-crime-damnesty,182193

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One Comment to “Avortement : le « pousse-au-crime » d’Amnesty”

  1. Il faut dire que les mouvements féministes ont aussi leur part de responsabilité.

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