Archive for ‘Les jérémiades chez Boulevard Voltaire’

25 novembre 2014

Juppé, ma belle-sœur et la génétique

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Vous vous rappelez ma belle-sœur. Elle a une mère. Ma belle-mère. Ma belle-mère possède avec ma belle-sœur un patrimoine génétique commun qui fait dire à la première et possiblement à la deuxième aussi, par exemple, au sujet de l’abattage halal : « Il faut voir le côté positif des choses, au moins c’est du bio. » Le décor ainsi planté, les âmes charitables compatiront avec mon supplice obligé récurrent. Que voulez-vous, l’amour rend aveugle. Les esprits taquins renchériront qu’il rend carrément sourd aussi. À la folie. Passons. Vite.

Récemment, nous étions en réunion de famille dans la maison de campagne de mes beaux-parents. Charmante demeure sise dans un environnement boisé où ladite belle-sœur, intolérante au gluten et au culte catholique, célébrait pour son aînée je ne sais quelle liturgie sibylline de substitution à la cérémonie de communion du culte honni. Inutile de vous dire que le gotha progressiste de la bien-pensance était raisonnablement bien représenté, ce qui n’arrangeait rien, vous le devinez bien, à mon golgotha de circonstance. Le « parrain » de l’aînée susmentionnée s’appelait d’ailleurs Claudine.

Ma présence faisant invariablement tache dans ce concentré de béatitude au mètre carré, je me résignais souvent dans ces conjonctures à traîner dans le jardin, dans la bibliothèque et souvent dans la cave à vin de mon beau-père où les allègres considérations d’Emil Cioran me tenaient une bienveillante compagnie. Pourtant, afin de ne pas trop provoquer l’ire de vous savez qui, une présence syndicale minimale dans cette promiscuité idéologique était un prérequis. « Libre et sans contrainte », qu’il disait, l’autre.

Et c’est là que, parmi cette foule intentionnellement anonyme, je tombais, vulgairement abandonné sur le coin d’un fauteuil, sur un mensuel à teneur hautement intellectuelle, dont la couverture représentait fièrement, façon dandy, le meilleur d’entre tous. L’incorruptible Alain Juppé faisait la couverture des Inrockuptibles, titrant « Juppémania, le moins pire d’entre eux ? Entretien ». Tiens, tiens. « Les Inrocks ? » questionnai-je. « Je trouve la photo belle, ça le rajeunit, et en plus il donne une image humaine de la droite. Ça pourrait inciter tous ces jeunes qui cherchent leur identité à ne pas se fourvoyer par le discours des extrêmes, me rétorqua-t-elle. Ce n’est pas comme Sarkozy qui, en plus, fait aujourd’hui du bête anti-hollandisme, comme Hollande, hier, faisait du bête anti-sarkozysme. Juppé, c’est un rassembleur, un homme de conviction, un sage ouvert aux autres cultures, le candidat pour tous, […] il a beaucoup fait et construit pour sa ville et il fera aussi bien pour la France. » D’accord.

Cette logorrhée de verbiage onirique résonnait dans mon esprit comme le discours d’un imam passablement modéré au lendemain d’un acte isolé commis par son coreligionnaire immodéré. Un imam en tailleur Chanel se tenait là devant moi, me faisant l’apologie de celui qui sera à la droite normale ce que Hollande a été à la présidence normale. Juppé qui, en 2011, conseillait avec sagesse de ne pas « stigmatiser a priori tous ceux qui se qualifient d’islamistes », qui va offrir une mosquée-cathédrale à ses électeurs, qui refuse de dénaturer le mariage pour tous et qui a remis, sous Hollande, la Légion d’honneur à l’imam Tareq Oubrou, qui déclarait : « L’islam touche à tous les domaines de la vie. Comme le veut le Coran, c’est un État, c’est un pays, dans le sens géographique, c’est-à-dire qu’il regroupe toute la communauté dans une géographie où il n’y a pas de frontières. La frontière entre deux pays musulmans est une hérésie méprisable par l’islam. La politique des musulmans, ce n’est pas la politique des autres, la politique des autres est construite sur le mensonge. » CQFD.

Alain Juppé, cette sorte de Stéphane Hessel non indigné, nouvelle égérie de l’UMPS, était donc le favori de ma belle-mère, mère de la mère de mes enfants. Et ma grosse frayeur, celle qui va inévitablement me valoir des cauchemars, n’est pas seulement que Juppé devienne le prochain président de cette République heureuse, mais que mes enfants possèdent une fraction de ce patrimoine génétique.

 

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/juppe-ma-belle-soeur-et-la-genetique,141372

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10 novembre 2014

Theo van Gogh, victime des « règles de Rushdie »

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Le 2 novembre 2004, le réalisateur néerlandais Theo van Gogh était décapité par Mohammed Bouyeri, son compatriote musulman d’origine marocaine. Van Gogh avait réalisé un court-métrage dénonçant les violences subies par les femmes au nom de l’islam, dans lequel on pouvait voir des versets du Coran calligraphiés sur la peau d’actrices dénudées.

Dix ans plus tard, Daniel Pipes prononçait un discours à Copenhague en présence de Geert Wilders, auteur du documentaire Fitna. Cet islamologue remarque que, coïncidant avec la fatwa émise par Khomeini il y a 25 ans à l’encontre de Salman Rushdie suite à la publication des Versets sataniques, la liberté ou le droit des Occidentaux à émettre des critiques à l’égard de l’islam n’ont fait que régresser. Il introduit à cet effet les « règles de Rushdie » contenues explicitement dans la fatwa : interdiction, sous peine de mort, de toute critique envers l’islam, son prophète ou le Coran, celle-ci visant toutes les parties qui participent en connaissance de cause au contenu de toute forme de publication et, troisièmement, un appel à tous les musulmans du monde à faire partie d’un réseau informel d’information et d’attaques potentielles dédié à la défense des valeurs islamiques.

Cette fatwa, première demande d’exécution par un chef de gouvernement à l’encontre d’un écrivain étranger, a provoqué des manifestations violentes similaires à celles plus récentes des caricatures du prophète ; en Turquie, des dizaines de personnes furent tuées, notamment le traducteur du livre. Daniel Pipes démontre qu’au-delà d’une restriction de toute forme de discussion sur l’islam et de l’atteinte à la liberté d’expression, ce jugement vise surtout à établir le suprémacisme islamique selon trois principes : le statut supérieur de l’islam, une idéologie qu’on ne peut critiquer, la supériorité des musulmans aux mécréants occidentaux et le statut de dhimmi, et l’établissement de la charia qui régule strictement la vie privée et publique en opposition avec les valeurs occidentales.

À cette époque, les soutiens à Rushdie sont venus majoritairement d’intellectuels et de personnes se disant de gauche, notamment Mitterrand qui qualifia la décision de l’ayatollah de mal absolu. Depuis, hormis une autocensure des milieux intellectuels et médiatiques, trois « ismes » sont responsables de l’avancée inexorable de l’islam : le multiculturalisme qui part du principe que toutes les cultures se valent et qu’il est donc malvenu de se battre pour la sienne, le fascisme de gauche qui décrète que la civilisation occidentale est la pire de toutes en introduisant les concepts de racisme, d’impérialisme et d’empire, et l’islamisme, forme accomplie de l’« utopisme radical » qui va au-delà du communisme et du fascisme.

Ces trois « ismes » – multiculturalisme, fascisme de gauche et islamisme – dont les interconnexions et les alliances avec la gauche dominant les sociétés civiles ont permis de placer leurs partisans dans des organisations internationales, notamment à l’ONU qui a émis une résolution contre le blasphème et la diffamation des religions – entendez surtout l’islam. Maintenir une liberté d’expression envers l’islam représente donc une ligne de défense critique contre l’imposition d’un ordre islamique mondial. Les instances islamiques veulent clore ce débat parce qu’elles veulent clore notre civilisation.

Et Daniel Pipes de conclure : « Il ne s’agit pas uniquement de liberté d’expression, le champ de bataille est certes la liberté d’expression mais la finalité est la survie de la civilisation occidentale (…) et ceux qui souhaitent défendre notre civilisation ne doivent pas seulement combattre l’islamisme, mais ses alliés multiculturalistes qui le cautionnent et les fascistes de gauche qui s’allient avec lui. »

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/theo-van-gogh-victime-regles-rushdie,137463

 

8 novembre 2014

Quand la crèche de Béziers fait débat…

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En général, il est fort utile, en tout cas certainement pas idiot, d’avoir un avocat sous la main. Sauf, évidemment, quand il s’agit d’un idiot utile.

À Béziers, en République laïque, à l’occasion du solstice d’hiver, Robert Ménard, maire, prévoit de monter dans le hall de l’hôtel de ville une sorte d’installation miniature en forme d’étable avec à l’intérieur quelques petites figurines, notamment un papa, une maman, leur nouveau-né dans son berceau entouré d’un âne et d’un bœuf, quelques bergers, une poignée d’animaux de la ferme ainsi que trois notables visiteurs issus de la diversité venant porter leurs présents à cette famille d’un genre traditionnel. Pour étoffer le tout, un sapin vert en forme de sapin classique se trouverait à proximité de cette mise en scène bon enfant.

Hormis les prévisibles cris d’orfraie de « camarades de lutte » locaux et autres anthropophages usuels de curés qui ont sauté sur l’aubaine pour enguirlander l’initiative, d’autres réactions moins prévisibles, venant curieusement de défenseurs de la famille dite traditionnelle, n’ont pas tardé à se faire connaître. Parmi ceux-là, l’avocat officiel de la Manif pour tous, Maître Henri de Beauregard, qui voit d’un mauvais œil ce décor ostentatoire et stigmatisant : « Utiliser la crèche pour faire de la provoc’ et créer de la division, fallait y penser », piallait-il il y a quelques jours, dans un louable élan républicain dont le but était, manifestement, de ménager la susceptibilité tatillonne d’une proportion significative de ses compatriotes adeptes de la religion dite de tolérance, dont les représentants de moult collectifs défilaient, notamment à l’appel de l’UOIF, à ses côtés dans les cortèges de ladite LMPT.

Étonnamment, pour Maître de Beauregard, défendre la famille traditionnelle occidentale aux côtés de musulmans ne semble pas une provocation en soi, venant de la part d’individus dont les dogmes imposent une vision de la famille qui inclut la polygamie, qui légitimise de battre son ou ses épouses, qui considère celles-ci comme un « champ » pour les hommes qui peuvent y aller comme ils l’entendent, une idéologie où la femme vaut la moitié d’un homme et où, lorsqu’elle est victime d’une répudiation prononcée à trois reprises, celle-ci devient irrévocable, la femme devenant interdite à son mari sauf si elle se marie avec un autre homme. Une idéologie dont le prophète, considéré comme modèle à suivre par tous les adeptes de l’islam – fussent-ils modérés ou immodérés –, convola en noce halal avec 13 épouses, la plus jeune ayant 6 ans, a gardé en captivité des esclaves sexuelles, a commandé l’assassinat de femmes, a encouragé ses hommes à violer les femmes réduites à l’esclavage, et qui considère explicitement que la femme est inférieure à l’homme dans tous les domaines. Sauf dans le domaine du vice où elle est son égale. Et j’en passe et des meilleures.

De plus, M. de Beauregard, l’homme de foi, devrait éventuellement se poser quelques questions en rapport avec l’islam qu’il dorlote. Le considère-t-il comme une mouvance strictement religieuse ou bien une idéologie qui comprend notamment des aspects juridiques dans ses fondements ? Dans le second cas, M. de Beauregard, l’homme de loi, devrait se poser la question subsidiaire : est-ce que deux systèmes juridiques, dont les fondements sont par ailleurs diamétralement opposés, peuvent cohabiter pacifiquement sur un même territoire ?

Non, Maître Henri de Beauregard déniche la provocation quand il s’agit de la religion chrétienne et prône le respect et la soumission par ailleurs. Avec de tels accommodements irraisonnables, s’appeler bientôt Joseph, Marie ou même Henri deviendra éminemment en soi un acte de provocation et de division, et si on voulait sciemment nous soumettre à l’islam tout en reniant nos racines chrétiennes, même un idiot utile ne s’y prendrait pas autrement.

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/creche-beziers-fait-debat,135368

26 octobre 2014

Yannick, ton cauchemar ne fait que commencer !

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À chaque époque ses résistants. Il y a ceux qui ont combattu au péril de leur vie, et ceux qui militent assidûment sur les plateaux de télévision au péril de leur popularité. Parmi ceux-là, Yannick Noah, longtemps plébiscité personnalité préférée des Français et figure de proue fraîchement colérique de ces Nouveaux Résistants, récemment sorti du maquis – notamment fiscal, en ce qui le concerne.

À l’instar de toutes les figures emblématiques des grands résistants qui ont jalonné l’histoire de notre pays, en particulier à travers ses heures les plus sombres, Noah, tout comme le gratin du colossal troupeau intellectuellement cloné de la meute médiatico-culturelle au pouvoir – y compris politique –, combat, lui qui n’a pas peur du fétide, le discours nauséabond de l’« extrême droâte », subissant en conséquence « un déferlement de haine et de vomi, notamment sur les réseaux sociaux ».

Mais ce grand combattant de la terre battue ne s’avoue pas pour autant battu. Et de rajouter sur le plateau d’Alessandra Sublet : « Qu’est-ce que je laisse à mes enfants ? Papa, qu’est-ce qu’il a fait quand ça se barrait comme ça en sucette ? » Il se barrait en Suisse ? Aux États-Unis ? Au Cameroun pour soutenir un candidat à la présidentielle du pays de son enfance ? Papa est la caricature accomplie de ces « hommes hors-sol », ces apatrides intentionnels qui nous ressassent ad nauseam leur rengaine sur d’augustes valeurs patriotiques d’on ne sait plus quel pays, qui ne jurent que par la République et parjurent la France, et dont les enfants – par exemple, grands sportifs comme leur père – ne daignent pas jouer dans l’équipe nationale, lui préférant la rentabilité outre-Atlantique.

Noah, le bidasse, le guerrier qui n’a jamais eu peur des balles, tout comme d’autres de ses frères d’armes – Éric Cantona, par exemple, qui a participé à sa colère cacophonique, et qui a également réussi, au faîte de sa carrière, à faire chanter « La Marseillaise » aux Anglais de Manchester United. Grandeur et déchéance de celui qui n’en a probablement pas compris la signifiance. L’accent anglais, probablement. Des exemples parmi tant d’autre de ces Nouveaux Résistants de plus en plus délaissés par le « grand public », cette populace populiste, plèbe xénophobe qui leur préfère « des gens à la télévision qui disent des choses assez hallucinantes, et qui sont même de plus en plus populaires ».

Ce qui l’a le plus choqué, rajoute-t-il « n’est pas tellement le dégueulis qu’on m’a balancé sur la figure, c’est le manque de réaction de la part de gens que j’imaginais faire partie de mon équipe ». Peut-être que la roue est en train de tourner dans le cheptel des nouveaux chiens de garde, chez ces autoproclamés Nouveaux Résistants d’aujourd’hui, jugés collabos demain, cette chienlit d’artistes engagés, d’intellectuels enragés et d’experts intronisés. Certains rats commenceraient à quitter le navire, car la réalité les rattrape, cette réalité macabre, ce fruit pourri, cette conception d’une société dysmorphique issue de l’idéologie soixante-huitarde que nos bien-pensants ont tellement essayé – en vain – d’occulter, puis de voiler, qu’ils sont maintenant prêts à se crever les yeux pour ne plus devoir regarder en face leur chimère interculturelle, métissée et moribonde.

Et notre Nouveau Résistant de conclure : « C’est assez inquiétant, mais j’ai la foi, je pense qu’on va se réveiller. »

Yannick, je pense que ton cauchemar ne fait que commencer.

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/yannick-ton-cauchemar-fait-commencer,134129

 

23 octobre 2014

Le temps de la bienveillance est révolu

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Force est de constater que j’ai tout essayé – enfin, presque – et je n’y suis quand même pas arrivé. J’ai beau essayer de m’inspirer de la mansuétude de mère Teresa, de la générosité de l’abbé Pierre et même de la philanthropie de Bernard Kouchner. Rien. J’ai repassé en boucle les trois derniers spectacles des Enfoirés, tenant compte du fait qu’aujourd’hui, c’est dépassé, le chacun pour soi, je pense à toi, je pense à moi. Non plus, aucun effet. Même Emmanuelle Béart et ses grands propos qui sortent de sa bouche, notamment à l’issue de l’évacuation médiatisée d’immigrés clandestins de l’église Saint-Bernard un beau matin d’août 1996. De marbre. Impuissance totale… Déformation professionnelle oblige, j’ai ressorti le serment d’Hippocrate dans l’espoir de m’extirper de mon indifférence léthargique. Encore raté.

Pourtant, l’exposition organisée par « Médecins du monde » sur le parvis de l’hôtel de ville à Paris jusqu’au 19 octobre, sur le thème « Regardons la précarité en face », a la vocation voire l’obligation morale de réveiller un sentiment d’empathie, d’abnégation.

Empathie envers Youssouf, par exemple, un clandestin de 40 ans, dont la légende qui annote le portrait géant stipule qu’il est arrivé en France pour y trouver une vie meilleure. Le sort s’est malheureusement acharné sur Youssouf. Non seulement il a débarqué dans un pays présidé par François Hollande, mais Youssouf est également malade. Youssouf ne peut malheureusement pas se soigner. « À l’hôpital, on demande la carte vitale », mais Youssouf ne l’a pas, et il essaie quand bien même de bénéficier de l’Aide médicale d’État à laquelle tout immigré, même illégal, a droit. Mais ça traîne. Youssouf est découragé.

Dans le même genre, il y a aussi le portrait de Najat, compatriote de l’homonyme, qui a bénéficié de l’ascenseur sociétal, qui a également quitté son Maroc natal pour rejoindre sa sœur Aïcha, son mari et leurs enfants, au nombre de cinq. Najat a également des problèmes de santé, un peu comme Marco le toxico qui se plaint, lui, de prendre beaucoup de risque pour sa santé quand il est obligé de se cacher.

Des drames humains, certes, dont on veut probablement nous tenir implicitement responsables. En même temps que notre détachement acquis, notre indifférence réactionnelle, à défaut d’être réactionnaire, face à cette culpabilisation imposée, nous rendrait moralement condamnables. Nous avons été trop humains, certainement trop humanistes que notre humanité, notre humanisme ont fini par se tarir, se périmer, faute de reconnaissance, de gratitude de la part de ceux qu’on a accueillis. Mais aussi, une déshumanisation synonyme d’instinct de survie.

Comme disait récemment Zemmour en réponse à l’homélie de son altruissime Attali, « il y a les méchants et les gentils […]. Et puis il y a les gentils qui sont bienveillants, qui sont altruistes. C’est beau, sauf que ça n’existe pas […] Il y a des gens qui sont là depuis 1.000 ans, et qui ont envie d’être là encore 1.000 ans. Ils n’ont pas envie d’être submergés, ils n’ont pas envie d’être remplacés. C’est bas et c’est pas tellement altruiste. Mais c’est leur vie. Et ils n’ont pas envie que monsieur Attali, le père Attali, vienne leur dire vous êtes des nuls, vous êtes des médiocres, vous êtes des racistes, vous êtes des xénophobes, vous n’êtes pas des bienveillants. Eh bien non. Ils ne sont pas bienveillants, parce que les autres non plus ne sont pas bienveillants. »

Le temps de la bienveillance est, en effet, révolu.

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/temps-bienveillance-revolu,132833

6 septembre 2014

Hollande : même BHL le lâche…

De tous les organismes vivants subsistant dans notre écosystème, fussent-ils unicellulaires ou mammifères, Bernard Henri-Levy est probablement celui qui suscite encore, de nos jours, hormis l’antipathie, le plus d’inspiration. On en a tellement dit, qu’on ne sait plus quoi dire sur cette espèce d’égérie philosophale et son impénétrable magnétisme cabalistique envers la cour républicaine, qui fait, et qui continue, à faire couler beaucoup d’encre. Et autant de sang.

Une muse des temps modernes. Une nature morte. Un électro-encéphalogramme plat iront jusqu’à vous dire les langues envieuses. Un genre d’Attali, en moins sénile, mais en plus abscons. Mais voilà, Bernard Henri-Levy, ordinairement droit dans ses bottes quand il s’agit d’en provoquer le bruit dans de lointaines contrées, vient dans le cas de l’accident Hollande de retourner sa chemise (oui je sais, trop facile).

 

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Après avoir favorisé la chute de Kadhafi sous les auspices militaires et diplomatiques de Sarkozy, avec les conséquences pour lesquelles les habitants de Benghazi, Misrata et des alentours, lui seront éternellement reconnaissants, les survivants du moins, et de moins en moins, le voilà qui laisse tomber Hollande, pour qui, il avait pourtant appelé à voter lors de la dernière présidentielle, après avoir partagé un amuse-gueule avec celui qui n’aime pas les riches, autour d’une des tables les plus chères de la capitale.

Après Ruquier, Noah, Balasko, Fontenay, Bedos géniteur, Berry et Massonneau, en résumé le millésime de la bonne conscience collective des 13% de presbytes qui soutiennent encore François Hollande, c’est au tour de BHL d’être déçu, allant jusqu’à souhaiter le retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique française en arguant qu’«il n’y a pas mieux à droite que l’ancien président de la république». Pour transcrire dans le vocabulaire plus officiel habituellement usité par nos élus de la République, c’est un peu comme dire «casse toi pov’con des sans-dents».

BHL, en priapique chronique de la gâchette facile, au cinéma ou quand il fait son cinéma sur la place Maidan, pour la Bosnie, la Georgie, le Kosovo, l’Irak, pour les causes majeures, ou pour son soutien à Polanski, pour les causes mineures, n’a, en particulier, pas avalé la frigidité hésitante de Hollande concernant le conflit syrien. «Sauver l’euro, ce sont des obligations impérieuses – mais sauver un peuple ? Et en quoi le drame grec empêche-t-il de décrocher le téléphone pour, comme le fit votre prédécesseur, convaincre vos homologues russe et chinois que leur soutien aveugle au terrorisme d’Etat syrien les déshonore et les affaiblit ? » s’offusquait-il en 2012 dans une lettre ouverte publiée dans plusieurs organes de propagande européens.

Alors, tu parles qu’«il n’y a pas mieux à droite» que Sarkozy, surtout si le retour de celui, qui, dans le cadre d’un «renforcement des liens entre la Libye et la France», a bivouaqué avec Kadhafi dans les jardins de la résidence officielle de l’Hôtel Marigny, redonnerait à notre ayatollah des bonnes consciences, l’opportunité de jouir d’une quelconque guerre contre le despote nominé du jour.

Hier soir, je faisais réciter « Le Coche et la Mouche » de Jean de la Fontaine, quand la vision de Bernard-Henri Lévy vint brutalement me soustraire à la douce voix de mon aînée. Une horrible vision chimérique d’un être mi-drosophile mi-BHL, une sorte de «drosophilosophe», dont le bourdonnement et l’agitation impétueux agacent et irritent. La vérité sortant de la bouche des enfants, ma fille terminait ainsi sa poésie :

«Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S’introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.»

Dans le cas d’une mouche, il suffit juste de l’écraser.

http://www.bvoltaire.fr/pierremylestin/hollande-meme-bhl-lache,102684